Suite à la querelle due aux déclarations de Marie N’Diaye sur le climat sarkozien actuel, et à la réaction tout en mesure du dit Raoult.
Tout d’abord, comment se donner de l’importance quand on s’appelle Eric Raoult et que plus personne ne se souvient de vous à l’époque où vous oeuvriez comme Ministre de la Ville (n’est pas Bernard Tapie qui veut) ?
Et bien, il suffit d’être sur tous les fronts (jeu de mots involontaire au fil de la rédaction, que je conserve eu égard au gauchisme notoire du personnage) : député, président depuis l’origine d’une fédé UMP, président d’une association des amis d’Israël, etc.
Surtout, faites-vous remarquer en prenant des positions…marquées sur des phénomènes ou des personnages célèbres qui vous dépassent à tous points de vue.
Côté phénomènes, ce triste sir a notamment milité pour le retour de la peine de mort envers les responsables terroristes. En pleine crise pour surfer sur la vague populiste. S’il s’était agi de crimes pédophiles, il aurait switché des barbus endoctrinés aux pervers.
Ou défendu le mur de Sharon à l’encontre des Palestiniens. Le même Raoult qui a du semaine dernière se réjouir des 20 ans de la chute de celui de Berlin.
Quant aux personnages, il n’hésite. A l’époque contre Edith Cresson, alors Premier Ministre. D’ailleurs pas à tort puisqu’il s’agissait de répliquer aux bêtises proférées envers les Japonais fourmis. Mais pour y répondre sur le même registre, parlant de “l’argot vulgaire des femmes de poissonnier”. C’est vrai qu’en matière de vulgarité, Eric l’UMPiste en connaît un rayon…
Cette fois, quelques jours après l’obtention du Prix Goncourt par Marie N’Diaye, Eric Raoult remet cela en réclamant un devoir de réserve envers cette écrivain qui ose critiquer l’air ambiant en France, sous le règne de son Maître Sarko. Laquelle avait expliqué avoir quitté la France, trouvant “détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité…, Besson, Hortefeux, tous ces gens-là je les trouve monstrueux“.
Il n’est même pas question d’argumenter sur le fond. Car Raoult ravive le feu d’une déclaration d’une rare démagogie et bêtise. Evidemment qu’une Marie N’Diaye ne part pas “que” pour ces questions politiques. Et il ne faut pas exagérer : nous ne sommes pas en dictature fasciste et/ou népotique. Même si elle est d’origine sénégalaise, par ses origines africaines, la lauréate du prix Goncourt devrait savoir ce qu’est vraiment une autocratie, une république bananière.
Mais en matière de sottise, Eric Raoult dépasse les scores et fait coup double, triple, etc par cette prise de position contre Marie N’Diaye.
1. le TIMING : elle a obtenu son prix Goncourt en novembre. Alors que les dites déclarations anti-Hortefeux / Besson datent du mois d’août. Donc impossible d’appliquer le droit de réserve.
2. la SPHERE : depuis quand, un artiste relève-t-il du politique ? C’est très révélateur de l’étroitesse d’une bonne partie des hommes politiques, que croire qu’ils peuvent légiférer et orienter tout. Surtout en France où nous avons la “décretite” aigüe.
Que cela nous plaise, ou non (et encore une fois, en l’espèce : les déclarations de Marie N’Diaye sont injustifiées), un artiste est par définition l’être qui doit le plus tendre à la liberté absolue.
3. le FOND : autant les propos d’un rappeur appelant à niquer la police ou à violer des femmes, doivent faire appel à une forme de modération voire de censure publiques. Autant ceux de l’écrivain goncourtisée ne sont porteurs d’un quelconque danger pour le particulier ou la collectivité.
Alors, devant la volée de bois vert qu’Eric Raoult s’est pris de ses opposants (Cohn-Bendit). Logique. Mais aussi unanimement des membres du jury Goncourt (Pivot), des journalistes (Colombani)…et de ses pairs de l’UMP.
Eric retourne à l’anonymat et occupe-toi de TOUS tes administrés du 93. Quant à mettre en avant un élu honorable UMP de Seine-Saint-Denis, il semble que le maire de Montfermeil Xavier Lemoine fasse mieux l’affaire.