Cyril aime la politique

février 19th, 2017

un Héros, injustement méconnu à coup sûr … mais non sans faille

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Le Voyant - Jérôme Garcin - (Prix Relay des voyageurs lecteurs 2015 - Prix d’une vie Le Parisien Magazine 2015) - Folio 6115 - Gallimard 2015

Difficile de parler de ce petit livre. Sentiment mitigé.

Non pas sur l’écriture elle-même de Jérome Garcin : facture classique, on le connait. Adaptée à une biographie.

Ici l’auteur se lance dans une réhabilitation : celle de Jacques Lusseyran, objectivement inconnu. Comme d’autres héros anonymes de cette deuxième guerre mondiale (il suffit de s’intéresser, par exemple, au sort réservé aux membres du Commando Kieffer). Et là, on parle tout de même de la cheville ouvrière, le cerveau de la résistance étudiante dans Paris intra-muros.

Jacques Lusseyran a l’optimisme, l’intelligence chevillés au corps. Aveugle enfant, dès huit ans, il va lutter constamment : pour parvenir à poursuivre ses études (l’intégration des aveugles n’est pas légal à l’époque) même s’il ne parvient pas au bout de sa thèse, résistant, luttant contre la mort en camp, bénéficiant de peu de reconnaissance et d’aide après le conflit.

Durant toute cette période, Lusseyran est un personnage hors du commun. Extraordinaire au vrai sens du terme alors qu’il est galvaudé de nos jours.

“sentiment mitigé” néanmoins car on découvre dans la deuxième partie de sa vie, courte malheureusement à cause d’un accident de voiture de retour en France, un Jacques Lusseyran absent de ses obligations familiales abandonnant quasiment ses premiers enfants. Et rentrant dans une dérive sectaire durant de nombreuses années. Bref une suite paraissant indigne de l’intelligence du personnage et de ses faits d’armes … et de vie.

Un vrai personnage de roman avec toutes ses ambiguités.

janvier 4th, 2017

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis … de là à infléchir mon opinion sur le Gros Quinquin

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La Vie quotidienne à Matignon au temps de l’union de la gauche - Thierry PFISTER - Hachette 1985

Attention plongé dans un passé. Plein d’espoir mais aussi plein de naïvetés. D’hypocrisie et de népostisme selon moi quand on ne considère pas François Mitterrand comme un grand homme de la Vième République. A commencer par la photo du livre : le deuxième gouvernement Mauroy sur le perron. Et l’on s’amuse à se remémorer tous ces noms. Lesquels ont survécu, ou pas, dans les décennies suivants : Chevènement tout jeune, les ministres communistes du gouvernement avec par exemple un Fiterman qui prouvera être un honnête homme et Ministre, le versatile Jobert, Rocard encore souriant pas encore épuisé par les coups de Jarnac du retors Charentais président, Hernu semblant plaisanter avec son voisin Fabius pas encore victime de la trahison d’état du second avec le Rainbow Warrior, Auroux et son look de prof d’économie…

C’est cette couverture qui m’avait donné envie d’acquérir ce bouquin, dans une brocante, sur le stand d’un ancien étudiant de sciences politiques qui se débarrassait de ses “livres d’école”. Pour une lecture a posteriori avec un recul de trente ans.

Et ce fut une révélation. Un vrai intérêt pour cet envers du décor à Matignon en 1981 avec Pierre Mauroy. Encore une fois en conservant le plus grand recul face à un Thierry PFISTER partisan. Toujours est-il que Pierre Mauroy s’y montre honnête homme. Fidèle, à ses amis, à une certaine loyauté envers François Mitterrand (pourtant très condescendant à son égard). Bref, on ne peut pas lui retirer cela. Quant à son bilan, économique et social, … c’est autre chose.

A rajouter également un point intéressant : le mépris de la Province. Mauroy reste fidèle à son équipe lilloise en en intégrant certains de ses proches dans l’équipe du Premier Ministre ex secrétaire du Parti Socialiste. Or Paris, à la fois dans les serviteurs de l’état que dans certains de ses élus, va montrer un certain mépris à l’égard de ce nordiste bonhomme. Et lui ne va pas s’en préoccuper. Innovant même en ouvrant les portes de Matignon à son peuple de gauche & de province.

Enfin rien qui nous étonne. Avec les trahisons, les espoirs. Si, peut-être une majeure : la longueur de son sursis : durant des mois, Pierre Mauroy a cru “sauter” du jour au lendemain. Se définissant lui-même (anecdote d’un autre ouvrage : la Décennie Mitterrand) comme un fusible auprès du funeste François Mitterrand.

Au vrai une forme d’honnête homme ce Pierre Mauroy … aux dires de Thierry Pfister. 

novembre 20th, 2016

Attention nous sommes bien loin de la potiche bling-bling russe…

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Margarita LOUIS-DREYFUS, Enquête sur la fortune la plus secrète de France, d’Elsa Conesa - Grasset & Fasquelle 2013

Que savais-je de Margarita Louis-Dreyfus avant cette lecture, hormis la succession qu’elle a prise à la tête de la présidence de l’Olympique de Marseille après le décès de son mari, Robert LOUIS-DREYFUS ? Pas grand chose en vérité. Rien. Et pas beaucoup plus sur les affaires de son mari : adidas dans les années 90 puis l’OM dans la foulée.

Cette lecture remplit totalement ce vide. Surtout et avant tout sous un angle économique. Ne serait-ce que par la spécialisation de son auteur, Elsa CONESA, journaliste aux Echos. A l’inverse on voit vite qu’elle est moins au fait des affaires du football. Et tant mieux.

Ce livre, peut-être également car il y en a peu (trouver une biographie de Margarita L-D n’est pas chose facile), est quasiment un must. Pour deux vertus majeures.

Tout d’abord nous brosser un portrait qui se veut juste de cette héroïne russe. Sans complaisance mais sans tomber non plus dans la flagornerie. Et quel personnage. Loin de la caricature de la “parvenue russe” bling-bling, cette femme est un exemple de volonté absolue. Sans être née avec une cuillière d’argent dans la bouche. Mais une éducation, des valeurs. Et une fidélité. Absolue. A ses objectifs de vie, à ses amies (richissime elle ne les quittera jamais), à ses origines (pas de personnel de maison excessif pour ne pas perdre le sens des réalités et le contrôle de son home sweat home), à ses enfants, à son mari (alors que les épreuves, affectives et physiques, auraient pu l’en décourager). Bref qu’on aime ou pas sa froidure décrite : un modèle illustrant l’adage (discutable) “quand on veut, on peut”.

Néanmoins cet ouvrage d’E. CONESA a une autre grande vertu. Surtout pour les non financiers tels que votre serviteur. Mettre en avant un grand groupe français, Louis-Dreyfus & une activité spéculative méconnus : les denrées diverses et variées. Surtout, surtout, parce que c’est toute la vie et le talent génial (quoi que nous puissions en penser éthiquement -c’est un autre débat-) du mari de Margarita LOUIS-DREYFUS : les montages financiers, les appels de fonds, les holdings diverses et variées. Avec par exemple plus d’une centaine de banques quand il s’agit pour RLD de prendre le contrôle du groupe familial. Ou un montage financier tel de ses affaires, afin de se protéger de ses ennemis et surtout de ses collaborateurs, que personne n’était capable de le détricoter et comprendre ce qu’il contenait après sa mort. Tout cela est très bien expliqué par son auteur.

Au vrai, vous saisirez ce livre pensant lire une bio d’une Kardashian russe ? Vous y trouverez une autodidacte brillante, même si elle n’est pas toujours attachante. Et une lecture économique didactique.

octobre 23rd, 2016

avant Godard, un chef d’oeuvre d’une modernité absolue

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Le Mépris, de Moravia - Le Livre de Poche2105, originellement Editions Flammarion 1955 et traduit de l’Italien par Claude Poncet

Il faut préciser l’auteur de la traduction car si cette lecture est réussie, c’est aussi grace à son talent. Sans doute tellement efficace qu’il en est transparent : un bon travail qui ne se voit pas.

Un rendez-vous reporté depuis des années. Je ne saurai dire depuis combien d’années j’avais ce bouquin de poche de Moravia. En plus sans faire le lien immédiat avec le film de Godard. Cette fois, ça y est : je m’y suis mis et l’ai lu.

Et je ne le regrette pas. Précisons à propos du film que je ne l’ai jamais vu. Donc effet de surprise garanti et pas de transposition dans les acteurs de la version cinématographique.

Ce roman est universel. D’une écriture et dans l’expression des sentiments absolument contemporaines. Tellement que la lecture a parfois été pénible pour moi, je l’avoue. Difficile de ne pas se transposer dans la douleur et l’incompréhension de Richard Molteni.

Tout d’un coup, alors que le héros a l’impression de tout mettre en oeuvre -jusqu’à des métiers alimentaires contre une vocation artistique littéraire contrariée- pour offrir la vie à laquelle sa femme aspire : celle-ci lui annonce pire que la fin. Qu’elle ne l’aime plus, crescendo qu’elle ne le désire plus. Mais sans le quitter frontalement. Comme si c’était la suite logique et inexorable de leur (trop courte) histoire d’amour et de couple. Et Richard Molteni n’y comprend rien & va s’épuiser d’efforts. Tel le papillon pris dans son filet alors qu’il croit pouvoir encore s’envoler.

Je savais Moravia au panthéon, classique, des grands écrivains italiens. “Le Mépris” l’est d’ores et déjà dans mon petit Summum des livres à avoir lu et conservé.

octobre 13th, 2016

Paris, Bruxelles, …le Chili ou Israël

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Quelqu’un priait sur ma tombe, de Jean-Claude Melka - POLICIER Les Nouveaux Auteurs, Editions Prisma 2013

Allons à l’essentiel : j’ai beaucoup beaucoup aimé cette lecture. Conscient que de vrais lettrés trouveront peut-être cela trop simple dans le style.

Mais l’auteur Jean-Claude Melka raconte un personnage, commissaire de police placardisé suite à une affaire de moeurs mêlant des “huiles” gênantes pour la suite de sa carrière, très crédible et attachant. Encore davantage quand au fur et à mesure il devient amoureux de cette riche héritière flamande.

S’en suit une enquête entre Paris et Bruxelles, grace aux réseaux internes du héros Maxime Hobart au sein de la Police, passionnante sur la mort, louche, d’une espèce de Dodo la Saumure encore moins sympathique. Avec un lourd passé plus nauséabond encore.

Certes pas une grande oeuvre mais un vrai bon roman policier. 

octobre 10th, 2016

MISERY à la Française

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Des noeuds d’acier, de Sandrine Collette - Grand Prix de la littérature Policière 2013 - Denoël 2013 et livre de poche 33253

C’est devenu une habitude, me direz-vous mais j’ai hésité à catégoriser ce présent ouvrage dans les livres … à ne pas lire. J’imagine que dans son genre, beaucoup d’autres lecteurs ont aimé. Pour preuve son prix obtenu en 2013. Toujours est-il que moi, je ne suis pas rentré dans ce captivity thriller à la Française.

Très Français puisque le “héros”, lui-même avec un passé de violence ayant entraîné son incarcération, se retrouve prisonnier en pleine campagne perdue. Théo, quarante ans, va alors vivre un enfer, enchaîné par deux vieillards véritablement dégénérés. Avec des souffrances d’un réalisme tel que j’ai dû à plusieurs reprises suspendre la lecture deux cent cinquante sept pages.

Mais de mon unique point de vue ô combien subjectif, cette lecture pouvait s’éviter. Et le genre est trop racoleur dans la sa violence. 

septembre 19th, 2016

Une lecture “marathon” avec enfin, une issue

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Histoire de la Commune de 1871 - Prosper-Olivier Lissagaray, avant-propos de Jean Maitron - édition originale Bruxelles 1876

Difficile de parler simplement, en quelques lignes, de cet ouvrage. De cette anthologie, devrais-je dire.

Au vrai je ne connaissais quasiment rien sur la Commune de Paris. A peine la placer chronologiquement. Sans connaître les partis en présence.

Et bien, voilà qui est fait, objectif rempli. Plus de cinq cents pages de détails par le menu.

L’auteur, Prosper-Olivier Lissagaray, ne se cache pas d’être partisan. Sans être un dangereux gauchiste, il prend clairement position pour la Commune et fustige la lacheté (appel à l’aide étrangère) et le double langage (désinformation et procès expédiés après la reprise de Paris) des partisans d’Adolphe Thiers. Mais quel travail de précision avec la description, heure après heure, arrondissement par arrondissement, avec force description des protagonistes.

Au final, j’en fais un coup de coeur … spécial car ne le conseillant nullement. Comment préconiser le même temps de lecture que votre serviteur (j’avoue avoir mis trois ans entre d’autres lectures, toutes plus légères) ? Pourtant cela constitue un must pour prendre la mesure d’une période historique, utopique … sans lendemain. Sans parler des initiatives plus parcellaires dans d’autres villes de province.

septembre 6th, 2016

Grace Kelly et Rainier de Monaco, Jackie Kennedy et Aristote Onassis … & Jean Seberg et Romain Gary

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Mariage en douce, Gary & Seberg, d’Ariane Chemin - Equateurs Paris 2016

Sur le papier, c’est vrai que le sujet est glam, romanesque : deux vedettes, que dis-je ? des Stars dans leur domaine respectif. Romain Gary alias Emile Ajar, deux prix Goncourt, une culture russo-française d’adoption. Jean Seberg, l’Américaine sex-symbole garçonne d’A bout de souffle (j’avoue ne pas connaître sa filmographie au-delà de son duo avec Belmondo).

Et un destin funeste pour les deux protagonistes : le suicide.

Or nous découvrons et sommes mis en haleine par un mariage en Corse “mystérieux”. Peu de témoins pour ne pas dire aucun public. Pas de logique dans le choix du lieu. Apparemment un soutien du gouvernement de de Gaulle ?

Au final une belle idée de nous en dire plus sur les circonstances de ces épousailles. Nous racontant ces deux écorchés vifs. Même si à la fois leur relation durant leur mariage et avant leur vie commune, nous laisse pantois quant à la nature de leur lien : amoureux certes mais surtout soutien l’un pour l’autre. Jean sans Romain ira de mal en pis au gré d’amours chaotiques. Une fois Jean disparue, Romain partira à son tour en jurant que sa fin brutale n’a pas de lien avec celle de son aimée.

A lire

septembre 4th, 2016

Théâtre de l’absurde, tragédie moderne … peu importe

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Le Roi se meurt - Eugène Ionesco - Folio 361 - originellement éditions Gallimard 1963

Cela fait partie des “classiques”, non ? En tout cas les oeuvres du théâtre de l’absurde que chacun est (était ?) supposé avoir lu. A minima au lycée. Et bien moi, j’ai décidé de m’y mettre à quarante six ans… De même que je suis allé à la Huchette pour voir la Cantatrice Chauve cette année pour la première fois.

Même plaisir d’une lecture ciselée et rythmée cet été en lisant la lente déchéance de ce roi ; lequel ne l’admet pas vraiment. Et tente de se réprendre tel un insecte prisonnier manquant d’air au fur et à mesure.

Nous ne sommes pas loin, en beaucoup plus sobre, d’une autre déchéance peinte par Garcia Marquez dans l’Automne du Patriarche. 

Le Roi se meurt est un vrai bon moment de lecture. Allégorie simple sur la déchéance, l’impuissance (de son aimée qui croit pouvoir lui faire reprendre haleine) … la vieillesse.

Un impératif à mes yeux.

mai 5th, 2016

Ô la belle bleue !..

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Dix ans sous la Bleue - Stock - 2004

Qui est l’auteur de cet ouvrage regroupant un certain d’auteurs de cette maison d’édition ? Jean-Marc Roberts, l’éditeur auquel tous rendent hommage. Chacun à sa manière.

Ou les différents contributeurs à ce petit opus à travers une courte nouvelle ? Toujours auotbiographique : Vassili Alexakis, Christine Angot, Nina Bouraoui (visiblement perturbée au moment de son écrit), Sophie Chérer, Philippe Claudel, François Emmanuel, Eric Faye, Aurélie Filipetti (pas encore Ministre, ni encartée EELVerts d’ailleurs), Bruno Gibert, Brigitte Giraud, Isabelle Jarry, Luc Lang, Erik Orsenna, Eric Reinhardt, François Taillandier ou Marc Weitzmann ?

En tout cas, c’est une lecture agréable à travers ce fil rouge singulier, le seul ?, entre ces différents -très différents- écrivains. D’aucuns trouveraient certains récits certes autobiographiques, mais impudiques.

Pas moi. On ne retient que ce lien, plus ou moins proche, entre l’auteur et sa maison d’édition. Une naissance, un renouveau, une planche de salut avant la chute selon les tempéraments.

Une facture facile, courte et plaisante.

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