Cyril aime la politique


août 31st, 2008

Où sont les baisers (sés) ?

Posted by cyrilaimelapolitique in Petits mots politiques

Université d’Eté du Parti Socialiste le 28 août - Ségolène Royale et François Hollande

Les deux ex tourtereaux, penseurs (ou poncifs ?) du Parti Socialiste, se sont donnés un baiser public, consensuel voire fraternel à leur Université d’Eté. Et aussitôt cela fait les gros titres de tous les chroniqueurs et politologues hexagonaux.

A l’heure du pouvoir d’achat, des enjeux au Moyen Orient ou de la reprise de la Guerre Froide en Géorgie, c’est dire toute la force de cette image du baiser. Autrement plus important celui-là que les précédents : de Giscard à Brejnev (plus exactement l’inverse), de Begin à Sadate ou Eltsine à Clinton.

On a les symboles politiques que l’on mérite… Et pauvre parti d’opposition qui se préoccupe plus de connaître son futur Premier Secrétaire (il y aura bientôt plus de candidats que de militants), que du fond de son programme d’alternance au Napoléon III sarkozyste.

août 31st, 2008

Douze contes vagabonds

Posted by cyrilaimelapolitique in Livres Coups de coeur

12 contes vagabonds - Gabriel Garcia Marquez - Grasset 1992 et Livre de Poche 13747

12 histoires dans la veine de l’auteur. Des histoires pour se distraire, rire et avoir peur parfois. Un condensé pour découvrir ou redécouvrir cet écrivain de génie et ses marottes : la Colombie, ses odeurs et ses personnages fantasques évidemment. Mais aussi le cosmopolitisme, surtout dans l’Europe de Barcelone, Genève ou Paris. “Réalisme magique” dit le dos de couverture de la version poche, c’est tout à fait cela. Avec Garcia Marquez, on sait dans quoi on va tomber, et en même temps on va de surprise en surprise à chaque histoire.

Au vrai, un génie.

août 28th, 2008

Les blessures de la Vérité

Posted by cyrilaimelapolitique in Bouquins politiques

le fils prodigue de la MitterrandieLaurent Fabius - Les blessures de la Vérité - Flammarion - 1995

Quand on évoque le nom de Laurent Fabius, que retenons-nous : le nom du plus jeune Premier Ministre au moment du virage de la Rigueur sous François Mitterrand, le Rainbow Warrior, le scandale du sang contaminé, ou le tenant du Non au moment du référendum européen sous la Chiraquie ?

Plus que d’autres, est-ce l’effet de son physique et son image de caricature de l’énarque lisse premier de la classe au crâne dégarni -comme François Hollande ou Alain Juppé- ?, Laurent Fabius dégage l’image d’un attelage de casseroles aux fesses. En premier lieu, évidemment, l’énorme scandale du sang contaminé, qui inspire grandement le titre du présent ouvrage. Mais aussi le RainBow Warrior où il réussit alors à s’en sortir aux dépens d’un Charles Hernu, chargé et qui l’accepte en bon soldat et fidèle serviteur de la cause d’Etat. Ou la Rigueur pour laquelle d’en devenir le premier ministre quand des Bérégovoy ou Delors étaient alors plus légitimes car, eux, avaient soutenu ce virage en amont. Bref Laurent Fabius a objectivement une très mauvaise image. En est-il conscient ?

En tout cas, dans Les Blessures…, celui-ci s’exprime clairement et parvient même à faire douter votre serviteur en le lisant. Notamment à travers les lignes relatives au sang contaminé. Un peu moins dans ses théories sur l’avenir réformiste de la gauche et du PS en particulier.

Au vrai, les dés sont pipés pour celui qui fut le brillant espoir du Parti Socialiste et objectivement, le (ou l’un des) fils prodigue chouchou de Mitterrand. Il a beau essayé de communiquer autrement, de se “vendre”, reste qu’on ne l’aime et qu’on sent son intelligence, réelle (contrairement à Hollande), au service de sa démagogie et de son destin. Comme beaucoup d’autres, diraient certains. Certes mais chez Laurent Fabius, cela se voit.

Et la suite de sa carrière a montré qu’il était prêt à toutes les mascarades pour réussir et remonter : dire non à l’Europe et aller dans le sens du populisme, est-ce responsable quand son propre parti soutient le projet européen depuis des décennies ? Le croyons-nous quand il se fait photographier sur une moto, qu’il ne conduit pas, ou mangeant des carottes ; lui qui boufferait tous les autres éléphants du PS pour un n-ième come-back.

Non définitivement pas un personnage sympathique malgré des démonstrations brillantes…

août 27th, 2008

Une fois mais pas deux

Posted by cyrilaimelapolitique in Petits mots politiques

600px-lula-sarkozy-cropped.jpgMardi 19 août 2008 - Nicolas Sarkozy dans ses déclarations générales

La veille en Afghanistan, les contingents de militaires français perdent dix hommes dans une embuscade qui tourne mal des Talibans.

Double erreur de com’ de notre cher Président qui ne peut pas s’empêcher de parler trop vite en cherchant à rassurer l’opinion française et sans doute, les familles des forces armées françaises présentes là-bas : “Une fois mais pas Deux”.

Premièrement, cela signifierait que la première -ces dix hommes- est acceptable. C’est un chiffre qui rentrerait dans un quotat d’acceptation. Sympa pour les proches endeuillés.

Et deuxième effet Kiss Cool : comment peut-il être sûr qu’il n’y aura pas de deuxième fois ?!? Réflexion qui prend tout son relief quand une semaine plus tard, hier mardi 26, notre Ministre des Affaires Etrangères explique de vraisemblablement nous aurons d’autres pertes en Afghanistan…Comment être sûr comme Nicolas Sarkozy que nous serons plus malins que les Russes à l’époque, qui en avaient fait leur Vietnam à eux ?

Et le pire, c’est que cela ne sert pas de leçon à notre cher Président puisqu’il se permet quelques jours après de faire de “l’humour” involontaire. En tout cas un coin de lèvres souriantes malencontreux. “Si c’était à refaire, je le referai. L’engagement des armées françaises là-bas, pas l’embuscade” se croit-il obligé de préciser.

Quand va-t-il modifier sa communication et écouter de bons conseillers en la matière ?..  

août 18th, 2008

Les sirènes de Bagdad (Les hirondelles de Kaboul)

Posted by cyrilaimelapolitique in Livres Coups de coeur

Les sirènes de Bagdad - Yasmina Khadra - Julliard 2006 (et Pocket)

Le narrateur est un bédouin irakien, qui habite Kafr Karam, un village “tranquille”, arriéré diraient les partisans de la ville. Ceux qui sont allés et connaissent Bagdad. Un petit village dans le désert, encore éloigné de la guerre intérieure que les GI américains ne parviennent pas à contenir.

Très vite, la vie du narrateur va basculer, violemment et graduellement. Jusqu’à le conduire aux pires décisions de l’intégrisme, de l’absolutisme. Et justement ira-t-il jusqu’au chaos absolu ?

Encore une fois -cf. notre chronique du 27 mai dernier sur un autre opus de cette trilogie en Israël “l’Attentat”- cet excellent écrivain algérien qu’est Yasmina Khadra nous narre très bien la tragédie actuelle en Irak, à travers tout une série de personnages vrais. Ni totalement courageux / ni totalement couards. Ni méchants / ni gentils. On comprend à quel point, a fortiori l’armée américaine, l’Occident doit faire l’effort de comprendre l’autre, ses us et coutumes, ses interdits, plutôt que d’agir comme un éléphant dans…

Vous finirez bien cette trilogie avec “Les hirondelles de Kaboul” (Julliard 2002), plus court, plus noir, avec moins d’éclairs positifs. A l’image de la situation sur place ? Là, des personnages désespérés ou cyniques, qui descendent au plus profond de leur (mal) être. Surtout dans un cadre, Kaboul à l’époque des Talibans, qui est omniprésent à travers les 148 pages de ce court roman.

Ce ne sera plus possible de regarder CNN ou les chaînes satellites arabes sans plus de recul, après cette riche lecture.

Cela donne envie de lire le reste de l’oeuvre, notamment algérienne, de l’auteur.

août 7th, 2008

Pas ici, pas maintenant

Posted by cyrilaimelapolitique in Livres Coups de coeur

Pas ici, pas maintenant - folio - 1989 - Erri de Luca

le narrateur a une soixantaine d’années. Il visualise très bien sa mère, à travers un visage contemporain similaire, ou à travers sa mémoire, on ne sait pas trop.

Et il lui parle, ressasse sa jeunesse napolitaine. Ce qui aurait du être des peines, des handicaps ou des frustrations à travers lesquels il est passé, indifferemment.

L’occasion de lire des perles :”tu paraissais moins jeune que les femmes de ton âge, mais tu as repris l’avantage sur le tard. J’ai vu des femmes tomber dans l’âge suivant comme on rate une marche, par mauvais calcul, pour avoir voulu retenir trop longtemps le précédent”, “Parler, c’est parcourir un fil. Ecrire c’est au contraire le posséder, le démêler.” (pour évoquer le bégaiment du narrateur).

Erri De Luca est apparemment considéré comme un écrivain italien contemporain important. Pas ici, pas maintenant est son premier romain, dans ce Naples qu’il connaît et qu’il évoquera ensuite dans d’autres récits. Ce sont en tout cas des romans toujours prenants, courts, bien traduits de l’Italien avec des phrases sans fioriture qui disent tout. Et souvent des personnages qui se racontent et pour lesquels la vie n’a pas été facile, mais avec laquelle “ils ont fait avec”.

Jamais très optimiste mais on est illuminé par quelques perles expressives.

août 4th, 2008

les Cahiers secrets de la Vème République, de Michèle Cotta

Posted by cyrilaimelapolitique in Bouquins politiques

“les Cahiers secrets de la Vième République, tome I 1965 - 1977″ - Michèle Cotta - fayard - 2007

Michèle Cotta est une journaliste politique, en Presse au Point puis à l’Express, à la Radio France Inter, en TV dirigeante sur les chaînes publiques. Egalement présidente de la Haute Autorité de l’Audiovisuel (ex CSA).

Les 860 pages (!) du premier volet de ses carnets sont un marathon d’anecdotes glanées dans les couloirs et alcoves de toutes les assemblées et tous les bureaux politiques de la Vème. Depuis la candidature de Deferre aux présidentielles de 1965, jusqu’à la rupture du Programme Commun de la Gauche (PC - PS - Radicaux) en 1977. En passant par la période et la fin de Pompidou, la “cohabitation” des deux contraires Giscard & Chirac entre 1974 et 1976, les frasques de JJSS, ou l’arrivée du bonhomme professeur Barre.

Ce livre est à conseiller aux passionnés, les vrais, de politique. Et surtout les amateurs de détails quant aux hommes connus, mais aussi les seconds couteaux, acteurs de moments.

Par contre, à l’image de cette vague de journalistes qu’elle incarne -elle, comme Alain Duhamel ou d’autres- on regrettera l’absence de commentaires, de prises de points de vue pour cette fille d’un homme politique lui-même, maire de Nice. Trop spectatrice des faits, trop impreignée de ce milieu ? En tout cas : trop lisse, certainement.

Même si l’on comprend sa volonté de ne pas faire de l’Histoire mais du témoignage à chaud, non redigéré, on regrettera l’absence de commentaires beaucoup plus tranchés voire partisans des IVè et IIIèmes républiques.

Une prouesse, plus qu’une expérience : voilà ce qu’aura été la lecture de ce bouquin. 






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