Les blessures de la Vérité
Laurent Fabius - Les blessures de la Vérité - Flammarion - 1995
Quand on évoque le nom de Laurent Fabius, que retenons-nous : le nom du plus jeune Premier Ministre au moment du virage de la Rigueur sous François Mitterrand, le Rainbow Warrior, le scandale du sang contaminé, ou le tenant du Non au moment du référendum européen sous la Chiraquie ?
Plus que d’autres, est-ce l’effet de son physique et son image de caricature de l’énarque lisse premier de la classe au crâne dégarni -comme François Hollande ou Alain Juppé- ?, Laurent Fabius dégage l’image d’un attelage de casseroles aux fesses. En premier lieu, évidemment, l’énorme scandale du sang contaminé, qui inspire grandement le titre du présent ouvrage. Mais aussi le RainBow Warrior où il réussit alors à s’en sortir aux dépens d’un Charles Hernu, chargé et qui l’accepte en bon soldat et fidèle serviteur de la cause d’Etat. Ou la Rigueur pour laquelle d’en devenir le premier ministre quand des Bérégovoy ou Delors étaient alors plus légitimes car, eux, avaient soutenu ce virage en amont. Bref Laurent Fabius a objectivement une très mauvaise image. En est-il conscient ?
En tout cas, dans Les Blessures…, celui-ci s’exprime clairement et parvient même à faire douter votre serviteur en le lisant. Notamment à travers les lignes relatives au sang contaminé. Un peu moins dans ses théories sur l’avenir réformiste de la gauche et du PS en particulier.
Au vrai, les dés sont pipés pour celui qui fut le brillant espoir du Parti Socialiste et objectivement, le (ou l’un des) fils prodigue chouchou de Mitterrand. Il a beau essayé de communiquer autrement, de se “vendre”, reste qu’on ne l’aime et qu’on sent son intelligence, réelle (contrairement à Hollande), au service de sa démagogie et de son destin. Comme beaucoup d’autres, diraient certains. Certes mais chez Laurent Fabius, cela se voit.
Et la suite de sa carrière a montré qu’il était prêt à toutes les mascarades pour réussir et remonter : dire non à l’Europe et aller dans le sens du populisme, est-ce responsable quand son propre parti soutient le projet européen depuis des décennies ? Le croyons-nous quand il se fait photographier sur une moto, qu’il ne conduit pas, ou mangeant des carottes ; lui qui boufferait tous les autres éléphants du PS pour un n-ième come-back.
Non définitivement pas un personnage sympathique malgré des démonstrations brillantes…








