Le portrait de Dorian Gray
Le portrait de Dorian Gray - Oscar Wilde - Première édition en 1890 - Folio classique 2360 édition de Jean Gattegno
Beaucoup, l’auteur lui-même, considère qu’Oscar Wilde a fait preuve de plus de génie dans le cours de sa vie et de ses propres répliques de salon et écrits dans la Presse, que dans son oeuvre littéraire.
Toutefois “le Portrait”, relu après une première fois voici 15 ans, est vraiment une merveille dans laquelle on retrouve beaucoup de passions de Wilde : la tragédie à l’issue inexorable, les salons londoniens, le culte de la beauté, le narcissisme de Gray voire de “l’observateur” Harry. Et évidemment ce qui va coûter la perte d’Oscar Wilde : les amours illicites.
En tout cas, il est faux de croire qu’il a mis en scène sa propre vie car quand il écrit “le Portrait”, il n’a pas encore rencontré Douglas Queensberry. A l’inverse, il est fascinant de voir comment l’écrivain va, consciemment ou pas, tenter de reproduire, après l’avoir écrit, ”le Portrait” dans sa propre existence : il deviendra fou dépendant de celui qui est, presque, son Dorian. En moins intelligent écrira-t-il perfidement après leur séparation. Seulement, dans la vraie vie, ce n’est pas Dorian qui meurt de sa folie narcissique, mais Oscar Wilde qui finit en prison à Reading, puis minablement dans un bouge parisien.
Vraiment un chef-d’oeuvre. A lire à plusieurs époques de sa vie, et dont au minimum la science du verbe devrait nous inspirer. Sans néanmoins reproduire l’ironie ou la désinvolture systématiques.








