Tout le monde ne parle que de cela : comment renaître de ses cendres en ressortant les vieilles rancunes ? Une belle illustration avec le Sieur Chirac
A propos de ses lignes envers Sarkozy dans le deuxième tome de ses Mémoires, puis -surtout- sa déclaration de fin de semaine dernière : Mister Président Chirac.
Car un Président le reste pour la vie. Nous devons l’interpeller ainsi. Il siège à ce titre au Conseil Constitutionnel, à l’image de Giscard d’Estaing et Chirac.
Pour le reste, depuis la fin de son quinquennat en 2007, que retenons-nous & savons-nous de Jacques Chirac ? Une sortie sur le Net où il se fait réprimandé par sa femme devant trop de prévenance à l’égard d’une autre ? Le lancement de sa fondation internationale dont le grand public ne sait pas grand chose de plus ? Un carteron de rares fidèles qui vont le voir et tiennent le secret de son véritable état physique … et intellectuel, à l’image d’un Jean-Louis Debré ?
Bref, pas grand chose.
Et voilà qu’en quelques jours, nous découvrons -s’il en était besoin- qu’il garde une vraie rancune envers son successeur Sarko. Tout d’abord en traçant un portrait de lui peu flatteur dans ses Mémoires Tome II. Puis en déclarant cette fin de semaine qu’il votera … François Hollande. Sauf si “le meilleur d’entre nous”, Alain Juppé, se présentait aux élections présidentielles.
Et inutile de rectifier le tir ensuite : humour ou pas humour, on ou off : il le pense foncièrement, n’ayant jamais digéré l’ère balladurienne des renégats.
Alors évidemment, surtout quand, comme moi, on n’aime pas beaucoup Sarkozy : on sourit et rit devant cette sortie de route, ce croc-en-jambe du vieux gaulliste.
Et pourtant, malgré toute la sympathie que Chirac inspire toujours, même de gauche, on ne peut que condamner ce type de prises de position sur le tard :
Raison N°1 : “sur le tard” justement.
Telles ces vieilles actrices qui voient Dieu sur le tard ou protègent les animaux, contredisant sur leurs dernières années ce qu’elles ont porté et représenté durant toute leur vie, c’est un peu tard, M. Chirac.
Que ne l’avez-vous dit plus tôt ? Pourquoi avoir repris Sarkozy à l’Economie et à l’Intérieur, ministères régaliens s’il en est (même s’il est vrai que vous ne lui avez jamais fait le plaisir du Premier Ministère), durant vos années de pouvoir. Pourquoi avoir tu certains griefs de fond ?
Raison N°2 “l’Hôpital qui se moque …”
En effet, on peut comprendre ne pas considérer aussi bien l’ex maire de Neuilly que le très fidèle, quasi fils en politique ?, maire de Bordeaux. Mais reprocher à autrui de subir ce que soi-même on a manié avec maîtrise envers d’autres : la trahison ? Celle envers Chaban le cassant dans sa course élyséenne. Puis mettant tout en place pour flinguer Giscard en 1981.
Les leçons de morale politique nécessitent un minimum d’exemplarité politique que Chirac n’a pas sur ce point.
Raison N°3 la Solidarité de camp
Certes, plus décideur, mais tout de même responsable de son héritage. C’est un peu facile, voire irresponsable de sabrer la travail pré-électoral de son camp en vantant l’autre camp. C’est aussi lache qu’un Jospin qui quitte le bâteau en pleine débacle (tiens, dans les deux cas, Hollande est concerné : plébiscité par Chirac, succédant à Jospin à la tête d’un PS qui n’attire pas les convoitises en 2002).
Maintenant, il est vrai que cela dessert plus Hollande que cela ne le sert. Pas tant dans l’opinion publique général, qu’au sein du Parti Socialiste dans la course à l’investiture dans le cadre des Primaires.
Quant à l’influence effective de Chirac pour 2012, j’en doute. Tout juste cela servira-t-il le discours des populistes dangereux, Le Pen et Mélenchon ; lesquels s’empresseront de crier “tous pourris, tous maqués, droite et gauche libérale ensemble, Corréziens rassemblés”.
|
Devenez fan de ce Blog :