Une fois de plus : une échéance électorale ne tient qu’à une petite phrase, ou à quelques unes
A propos des mots clefs des leaders de la Primaire citoyenne de dimanche dernier et son entre-deux tours.
Ce n’est pas une nouveauté en politique. Mais là, on ne retiendra que quelques phrases-clefs à propos de candidats guère contrastés entre eux.
Quoique sur Montebourg, je suis un peu injuste car ses positions sont les plus tranchées. Résumées à la “démondialisation” : un terme qui dans un(e) Le Pen père ou fille prendrait une tout autre acception. Utopie nationaliste qui nous laisserait croire que nous pouvons recréer l’Albanie d’Enver Hoxha à l’heure de l’économie mondiale, de l’Euro, et des hyperéchanges.
Quant à “gauche molle” : que n’aurions-nous pas dit si à l’averse d’une pique adressée par une femme à l’endroit d’un homme, cela avait été l’inverse ? Car on ne peut pas croire que Martine Aubry n’ait pas pensé avec ses conseillers en communication à la version sexuelle, supposant que malgré sa maîtresse journaliste et un idylle apparent : François Hollande souffre parfois de demi-molles. “Gauche molle” qu’une Ségolène Royal n’aurait pas pu prononcer. Le privé interférant forcément avec le politique…
Enfin, moins populiste que la “démondialisation”, moins potentiellement graveleux que la “Gauche molle”, la palme de la sémantique revient cette semaine d’entre deux tours de Primaires “citoyennes” (encore un terme accaparé par la Gauche, les électeurs de droite étant, c’est bien connu, peu citoyens) à Laurent Fabius.
En effet, en bon diplômé de l’ENA et inspecteur des Finances, puis Ministre du Budget, celui-ci est expert en géométrie et autre baricentre.
Qui a déjà réfléchi à la distance qui pouvait séparer une position “centrale” d’une seconde au “centre” ? C’est primordial car cet écart résume celui qui existe entre Martine Aubry et François Hollande, selon notre ancien Premier Ministre de Mitterrand, “le meilleur d’entre nous” du Vieux Sphynx. Ecart non pas en nombre de points au soir du comptage final des bulletins de ce soir, mais quant à leur positionnement politique.
La maire de LILLE occuperait une position plus équilibrée, “centrale” à gauche, plus à même de draguer les tendances du “libéral” Valls aux gauchistes montebourgiens. L’élu de Corrèze étant quant à lui de “centre gauche”. Donc plus près de Valls (et ses 5.5%) voire Bayrou (et ses 1,..%) ou même Jean-Marie Bocquel (qui ne représente plus que lui-même), que des 17% au premier tour des Primaires du même Arnaud M.
Géométrie et dialectique séduisantes qui n’auront néanmoins pas porté leurs fruits puisque TOUS les autres candidats déboutés, même son ex Ségolène, même l’extrêmiste de Saône et Loire, ont rallié -à titre collectif ou strictement personnel (comme ce dernier)- le camp de François Hollande.
Reste à voir l’effet final dans les urnes ce dimanche de ces petites phrases.
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