Quand on est une “bête” politique, on l’est jusqu’au bout. Et on peut évoluer à tout âge, sans être Pierre Laval ou Eric Besson
A propos du livre actuel et des propos lors de la promotion de cleui-ci par son auteur : “Gaby” Cohn-Bendit
Plusieurs hommes politiques ont des frères parfois … embarrassants. Sans tomber dans les extrêmités judiciaires comme ceux d’Alain Juppé ou de Rachida Dati, ou les abîmes alcooliques d’un Philippe Léotard avec son benjamin UDF libéral, François.
On peut penser à Olivier Jospin plus trotskyste que notre ex Premier Ministre Lionel. Ou les frères Poperen, l’un au P.S., l’autre plus à gauche au P.C.
Mais le couple plus complémentaire est sans doute à chercher chez les Cohn-Bendit : l’aîné, français lui, Gabriel qui est passé par le Parti Communiste, le PS.U. ou des partis plus libertaires. Et inutile de présenter le cadet plus célèbre, “Dani le Rouge”, “le Juif Allemand”, vrai européen dans l’âme entre mandats allemands et français, ayant réussi entre autres les meilleurs scores écologistes dans l’hexagone pour les Verts Europe Ecologie (votre serviteur ayant modestement contribué à ce succès en votant pour lui, plus pour lui d’ailleurs que pour son allié insupportable : le moustachu Bové).
Et justement, c’est au titre de ce parti des Verts français que le frère aîné Gaby se distingue intelligemment. Très intelligemment et tactiquement.
En effet, il critique vertement l’acharnement électoral des Ecolo. aux prochaines Présidentielles. Raillant en même temps les petits ego & ambitions des uns et des autres pour obtenir l’investir et les places au chaud. Une de ses cibles favorites étant Jean-Vincent Placé ; lui le vieux trotskyste et altermondialiste pour lequel être vert et rêver d’être Sénateur et Ministre de l’Intérieur est complètement incompatible.
Mais pour en revenir à sa critique stratégique de fond, Gaby Cohn-Bendit ne comprend pas pourquoi aller droit au mur et risquer les 1.5% de Voynet aux dernières élections suprêmes, ou au mieux le meilleur score de 5% réussi par Mamère. Alors que selon lui, les Verts devraient plutôt capitaliser sur les 12% / 16% de voix qu’ils pèsent aux élections intermédiaires pour négocier, en amont, avec les Socialistes. Les seuls qui ont une chance de passer. Négocier ministères importants et investitures croisées aux élections locales.
Second argument de poids pour cet expert aguerri à la Politique : depuis 2002, plus aucune élection Présidentielle ne laissera de chance aux petits : “voter utile”.
Et il a complètement raison puisque voilà neuf ans que je me mords les doigts d’avoir opté pour … Corinne Lepage au premier tour avant le duel Le Pen / Chirac. La preuve en 2007 où je vote deux fois Sarkozy, à chaque tour … à mon corps défendant.
Malheureusement, les faits lui donnent et lui donneront raison. Historiquement, les Verts sont toujours ridicules aux Présidentielles eu égard à leur véritable poids politique. Se chamaillant sans cesse plutôt que de privilégier leur chance de succès : Eva Joly Vs Hulot, excluant toute alliance avec le populaire Waechter de l’époque parce que trop à droite, sans parler de l’épisode presque drôle de l’inconnu Lipietz investi … et déjugé peu après pour être remplacé par Mamère.
Et surtout, quand on voit -et nous ne sommes qu’au début- au poids inespéré voici quelques semaines, que va peser les 15% de Montebourg au sein des Primaires socialistes : on se dit que les Ecologistes devraient en prendre de la graine. Idéalement, mais ils ne le feront pas, en engageant un candidat aux prochaines Primaires. Car ensuite, impossible pour l’investi socialiste de faire fi des projets et diktats écolo. Comme le retrait du Nuclaire.
Quant à Gaby le réaliste, l’animal politique : il va jusqu’au bout de sa logique en affirmant voter Hollande dès le premier tour en 2012. Son égo, sa volonté absolue de “tout sauf Sarko” l’emportant largement sur ses anciens amours verts.
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