N-ième policier suédois ou véritable nouveauté … qui a déjà quatre ou cinq ans ?
L’heure trouble de Johan Theorin - Thriller livre de poche, Sélection 2011 prix des lecteurs & prix du meilleur roman policier 2007 en Suède - Titre original : Skumtimmen
D’ailleurs pourquoi préciser le titre original ? Cela n’ajoute rien aux Francophones que nous sommes. Si ce n’est que nous commençons à être bien habitués à cette garnison de policiers nordiques, suédois certes mais aussi islandais, danois ou norvégien. Sans parler même du succès planétaire des Millenium qui est au genre thriller nordique, ce que Harry Potter est au roman britannique : un u.f.o.
Bref alléché par ces récompenses rappelées ci-dessous, et sans doute aussi par un article flatteur dans Elle et/ou une mise en avant à la FNAC, je me lance dans cette lecture. Laquelle effectivement est un peu singulière quand on a lu précédemment la sage des Kurt Wallander ou un Isaksson.
Ce qu’on retrouve, c’est une Suède où finalement il ne fait pas si bon vivre. Où l’on cite la seule gloire locale, I.Bergman, le records des dépressions nerveuses & où l’on sent -néanmoins moins que dans d’autres ouvrages- la prédominance de l’alcool.
L’intérêt de “l’Heure Trouble” ne tient pas tant dans l’histoire. Plus exactement dans deux histoires parallèles, parfois sur des échelles de temps différentes : Jens enfant de sept/ huit ans qui disparaît dans les brouillards d’Oland en 1972 ; et le road-movie pathétique et criminel de Nils Kant, l’enfant malaimé du pays qui fuira sa terre natale à la fin de la guerre.
Mais tout d’abord dans son rythme ; lequel peut en agacer certains s’ils sont habitués à des thrillers haletants pleins d’hémoglobine chaque dizaines de pages. Nous en sommes loin tout au long de ces 550 pages.
Car on suit surtout la psychologie de plusieurs personnages impactés par l’une ou les deux histoires pré-citées : Julia, légitimement déprimée et alcoolisée, qui ne se remet pas de la disparition de son fils plus de vingt ans après. Gerlof, son père, le “roc” de l’histoire et du pays car il a sillonné les mers alentours mais connaît parfaitement Oland et ses habitants. Tetu il va s’épuiser (au sens littéral du terme car son corps ne suit pas sa volonté de fer conservée) à poursuivre la piste poursuivie par son ami Ernst, mystérieusement disparu voire assassiné : pourquoi cette chaussure de Jens reçue par la Poste vingt ans après les faits ?
Au final, un huis-clos quoiqu’à l’air libre entre tous personnages à la psychologie plus complexe qu’il n’y paraît. Et un épilogue également plus complexe qu’on ne le croît tout au long du déroulement de l’intrigue.
Pour convertir ceux qui ne le sont pas encore aux romans policiers suédois, et renouveler la foi de celles et ceux qui sont déjà adeptes du genre.
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