Cyril aime la politique

décembre 21st, 2011

Sans jouer les lecteurs de Libé en parlant de racisme pour les Intouchables ou de Pétainisme à l’époque d’Effroyables Jardins, y’aurait-il un retour des bons sentiments ?

Poster par cyrilaimelapolitique in Livres Coups de coeur

La délicatesse de David Foenkinos, roman Gallimard et en poche

On ne peut sans doute pas parler de coup marketing au moment de sa rédaction, puisqu’il s’agit du huitième roman de l’auteur. Mais c’est vrai que sa mise en avant dans les pages de ELLE (encore une fois) me donne envie de le lire. Malgré le côté best seller à la Musso. Pour la thématique un peu singulière de nos jours : la Délicatesse. Et sans savoir que le projet de film était déjà bouclé.

Car nous sommes rentrés dans une belle mécanique marketing au moment d’écrire ces quelques lignes (jusqu’à la vente des billets du film sur Vente Privée).

De marketing, il s’en agissait déjà voici quelques années quand les marketeux géniaux -ou les cocaïnés de leur agence de pub- avaient trouvé ce slogan pour une marque mass market de chocolat, Lindt : “un peu de douceur dans ce monde de brutes”.

Avec la délicatesse, nous surfons sur la même envie du lecteur. En tout cas, la mienne. Ne me sentant pas un exemple de délicatesse, ni dans les mots, ni dans la trop grande énergie : suivre l’évolution de l’héroïne, Nathalie, sa déserrance affective dans une débauche de travail après un drame, puis son amourachement progressif pour un Markus improbable, c’est une bouffée d’air frais. Rapide car le livre ne compte que deux cent pages.

En plus, même si là encore les intellectuels dotés d’un meilleur décryptage littéraire que le mien, critiqueront ses effets de style facile de cette génération de Beigbeder ou autre Moix : la lecture est plaisante, décalée . Avec ses renvois saugrenus ou ce déterminisme des prénoms pour lequel David Foenkinos ne choisit pas “Nathalie” au hasard.

Au vrai, comme Intouchables actuellement au cinéma, “La Délicatesse” ne mérite pas le concert de louanges dont il bénéficie. Ce n’est pas Belle Du Seigneur (même si l’auteur y fait innocemment allusion). Mais c’est une pause délicate, pleine de bons sentiments qui nous réhabilite le genre humain en nous faisant croire en une forme de pureté : oui on peut être une executive woman, un peu poussée par son sex appeal, sans l’avoir provoqué & en méritant ensuite pleinement sa place professionnelle ; et rester une âme pure -sans chasteté pour autant car tout se marie harmonieusement- pas uniquement sensible au physique et à l’intérêt social de son patron ou de collègues plus prestigieux.

Ca c’est pour l’histoire. Ensuite s’il se trouve que l’auteur est aussi le frère d’un directeur de casting connu & qu’ils décident tous deux de monnayer leur pépite en optant, comme par hasard, pour une Audrey Tautou d’”Amélie Poulain” (la même vague de bons sentiments mièvres disait une certaine presse de gauche) et d’”Ensemble C’est tout” (autre adaptation d’un best seller sur un groupe d’esseulés de Gavalda) : cela montre qu’on peut avoir envie de parler de Délicatesse tout en engrangeant les bénéfices.


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