La laïcité, le communautarisme, les droits de la Femme : sujets pas si vieux que cela en réalité
100 cent ans de laïcité française - 1905 / 2005 - Presses de la Renaissance - Paul Airau - 2005
La qualité première de l’auteur quand il aborde un tel sujet, c’est son objectivité. En tout cas, après l’avoir lu, on a du mal à voir le penchant politique de cet enseignant d’une trentaine années, Docteur agrégé d’Histoire.
Par contre, sorti d’un contexte d’études socio-politiques comme c’est le cas de votre serviteur depuis belle lurette : sa lecture s’avère parfois difficile. Moins dans les concepts que dans les nombreuses allusions et liens historiques. Notamment dans la première partie de l’ouvrage quand Paul Airiau nous retrace les différentes étapes et débats suite à la séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905.
En fait, il y a au moins deux grandes parties dans son livre car s’il est intéressant de voir cette sépartion des deux institutions, il est évident que revenir sur 1905 et les luttes entre laïcards radico-socialistes et religieux, nous éclaire peu -moins que ne le pense l’auteur lui-même- sur les problèmes actuels de communautarisme et face à un Islam militant.
Au final, il est intéressant, même si le plan et le propos de l’auteur sont parfois confus (sans doute a-t-il voulu en dire trop en 284 pages), de constater sur le clivage n’est pas binaire : même après 1905 une frange de Républicains savait qu’elle devait composer avec les dogmes religieux. Ne serait-ce que pour s’en inspirer dans la structuration des règles de vie en société, sans croire au fond.
De même il est intéressant dans son livre de se rappeler la différence fondamentale entre les sociétés française et américaine, la première voulant se définir par la prévalence de l’individu, dans son libre arbitre. La seconde, tout aussi républicaine pourtant, définissant plutôt la personne par sa culture de groupe et par les valeurs que lui confère toute communauté à laquelle il appartient ou a appartenu. Jusqu’en acceptant les sectes aux Etats-Unis comme la Scientologie, les abhorrant dans l’Hexagone.
Au final, pour la faire plus courte -la confusion de mon propos reflêtant la lecture pénible que j’ai pu avoir- cet ouvrage est plus intéressant comme manuel d’histoire et par les pistes de réflexion qu’il lance. Que par une réponse, ou à minima un éclairage, qu’il nous donnerait aux problèmes actuels posés par les dérives salafistes et autres intégristes manipulateurs.