Cyril aime la politique

octobre 19th, 2011

La laïcité, le communautarisme, les droits de la Femme : sujets pas si vieux que cela en réalité

Poster par cyrilaimelapolitique in Bouquins politiques

100 cent ans de laïcité française - 1905 / 2005 - Presses de la Renaissance - Paul Airau - 2005

La qualité première de l’auteur quand il aborde un tel sujet, c’est son objectivité. En tout cas, après l’avoir lu, on a du mal à voir le penchant politique de cet enseignant d’une trentaine années, Docteur agrégé d’Histoire.

Par contre, sorti d’un contexte d’études socio-politiques comme c’est le cas de votre serviteur depuis belle lurette : sa lecture s’avère parfois difficile. Moins dans les concepts que dans les nombreuses allusions et liens historiques. Notamment dans la première partie de l’ouvrage quand Paul Airiau nous retrace les différentes étapes et débats suite à la séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905.

En fait, il y a au moins deux grandes parties dans son livre car s’il est intéressant de voir cette sépartion des deux institutions, il est évident que revenir sur 1905 et les luttes entre laïcards radico-socialistes et religieux, nous éclaire peu -moins que ne le pense l’auteur lui-même- sur les problèmes actuels de communautarisme et face à un Islam militant.

Au final, il est intéressant, même si le plan et le propos de l’auteur sont parfois confus (sans doute a-t-il voulu en dire trop en 284 pages), de constater sur le clivage n’est pas binaire : même après 1905 une frange de Républicains savait qu’elle devait composer avec les dogmes religieux. Ne serait-ce que pour s’en inspirer dans la structuration des règles de vie en société, sans croire au fond.

De même il est intéressant dans son livre de se rappeler la différence fondamentale entre les sociétés française et américaine, la première voulant se définir par la prévalence de l’individu, dans son libre arbitre. La seconde, tout aussi républicaine pourtant, définissant plutôt la personne par sa culture de groupe et par les valeurs que lui confère toute communauté à laquelle il appartient ou a appartenu. Jusqu’en acceptant les sectes aux Etats-Unis comme la Scientologie, les abhorrant dans l’Hexagone.

Au final, pour la faire plus courte -la confusion de mon propos reflêtant la lecture pénible que j’ai pu avoir- cet ouvrage est plus intéressant comme manuel d’histoire et par les pistes de réflexion qu’il lance. Que par une réponse, ou à minima un éclairage, qu’il nous donnerait aux problèmes actuels posés par les dérives salafistes et autres intégristes manipulateurs.

août 29th, 2011

Une n-ième preuve que Michel Rocard n’aurait pas pu être Président de la République…

Poster par cyrilaimelapolitique in Bouquins politiques

“Si ça vous amuse”, Chronique de mes faits et méfaits - Michel Rocard - Flammarion 2010

“Ouf, triple Ouf” : je suis arrivé au bout des 568 pages de ces Mémoires de Michel Rocard, de l’homme qui a été l’un des Politiques préférés des Français.

Et c’est une déception à tous les étages comme l’atteste le ouf de soulagement que m’a inspiré la fin de sa lecture. “Ouf” ou “Dommage”.

Tout d’abord, j’aurais du me plonger dans quelques lignes avant d’acheter l’ouvrage … Et sans doute ne l’aurais-je pas fait. En effet si l’on s’attend à des anecdotes, des petites histoires qui font la grande Histoire de France de cet homme qui a couvert les décennies récentes : que Nenni. Contrairement à ce que pourrait laisser espérer le sous-titre, extrait d’une phrase de Mitterrand à son encore, “si ça vous amuse” : ce n’est pas un livre de mémoires des épisodes de sa vie. Aucune narration de sa campagne présidentielle ratée face à ce même Mitterrand. Pas davantage de ses trois années de Premier Ministre détrôné …par Edith Cresson.

Michel Rocard se livre à un seul exercice : donner ses convictions politiques et économiques, hexagonales et internationales. En les illustrant par ses expériences.

Donc déception n°1 : pas d’anecdote à se mettre sous la langue…

Ensuite, une confirmation au-delà de mes pré-supposés : Michel Rocard est vraiment, vraiment un technocrate. Sincère et honnête dans son engagement. Mais cela manque de lien avec le peuple, le terrain & le monde des entreprises loin des ors des palais régionaux et nationaux, des Commissions et sous-Commissions ou leurs rapports qui vont avec. Et avec l’ex maire de Conflans saint-Honorine : on en mange et en remange tout au long de ces 568 pages. Ainsi, nous parle-t-il de tous ces volets de Rio, Copenhague, etc 1, 2 ….15 Or le grand public n’en a pas vu les effets concrets. Jusqu’au sommet de Copenhague qu’on nous a survendu à l’époque, …pour se finir en bide objectif. Il en est de même pour ses missions d’inspecteur des Finances qu’il nous conte en Afrique ou en régions auprès des sociétés de traitement des eaux.

Pire : ses publications qu’il reprend partiellement pour certes nous expliquer avec intelligence ses convictions, mais publiées à l’époque dans des revues d’intellectuels à l’écho et aux concrétisations …limités.

Déception n°2 : trop de technocratie.

Enfin -et c’est LE point le plus marquant de cette lecture- Michel Rocard ne se révèle pas si humble et pragmatique que je l’imaginais. Moi qui n’ai assisté qu’à un un seul meeting d’homme politique : Rocard lors des primaires socialistes de 1988 (et la triste génération Mitterrand). Or celui-ci n’avoue aucune faute, ni erreur tout au long de ces décennies de gouvernance. Alors que forcément, nonobstant sa valeur (réelle), il y a matière. Au contraire, Michel Rocard se congratule de résultats qu’il juge, lui, conséquents ; et qui paraissent au contraires aux lecteurs que nous sommes très, très anecdotiques.

Déception n°3 finale : Rocard démontre un défaut de remise en cause. Pire une certaine condescendance intellectuelle à l’encontre de celles et ceux qui ne sont pas de son sérail.

Une illustration évocatrice, sans parcourir les 568 pages fastidieuses : “la vocation politique passe donc de moins en moins par l’adhésion directe et l’animation des forces politiques et du débat national ou européen, et de plus en plus par l’élévation progressive à travers les mandats de gestion locale gérés en alternance avec une carrière professionnelle. Cela paraît modérément compatible avec l’espoir de voir se développer dans ce milieu la culture et les capacités intellectuelles nécessaires à la découverte, à l’acceptation, et à la maîtrise de la complexité. […]”. En quelques lignes, Rocard montre sa défense d’une certaine élite formée à Science Po. et à l’ENA. Ainsi que son ignorance, voire sa méprise du monde du travail et du terrain.

Au vrai, profitez de cette chronique pour vous éviter la lecture des Mémoires de Michel Rocard si vous y songiez. Vous en savez l’essentiel. Car en plus, j’ai oublié de vous préciser que Rocard écrit comme il parle parfois : ses convictions sont certainement claires, mais l’exposé est très souvent fastidieux au gré de lignes noircies que l’on parcourt avec difficulté.

Un calvaire, un devoir de vacances pour lecteurs.

août 12th, 2011

La lecture du chapitre 2 des mémoires de Chirac est-elle à la hauteur des premiers échos médiatiques ?

Poster par cyrilaimelapolitique in Bouquins politiques

Le temps présidentiel - Mémoires ** - NiL éditions - Jacques Chirac - 2011

Avant même la lecture du premier tome, allais-je apprendre beaucoup de choses en ayant lu au préalable les biographies à charge et à décharges, respectivement de F.O.Giesberg et P.Péan ? Et bien oui. Notamment sur son enfance, et par l’angle sincère et intime qu’il avait bien voulu donner à la première moitié de sa vie, avant sa première élection présidentielle.

Il s’agit maintenant de son “temps présidentiel”. Sortie logiquement porté par les medias. Ces derniers en retenant surtout d’une part les critiques répétées envers l’actuel Président, Nicolas Sarkozy ; et d’autre part, son déni de la responsabilité de Dominique de Villepin dans la dissolution -suicide politique inconscient- de 1997 durant le gouvernement Juppé. La sortie se faisant enfin parallèlement à des déclarations gênantes du dit Chirac quant à sa préférence pour François Hollande dans le cadre de l’échéance 2012.

Pour la faire courte, la lecture des 600 pages n’est pas indispensable. On referme le bouquin un peu frustré.

D’une part parce que si l’on est un minimum informé, on n’apprend pas grand chose. Chirac demeure sincère mais par exemple, le descriptif intime de dirigeants politiques qu’il a cotoyés manque souvent de corps. Tout juste sentons-nous sa sincérité & sa préférence pour Rafik Harriri, Lula. Et son admiration sans borne pour Nelson Mandela.

D’autre part, on peut logiquement démarrer la lecture en espérant des explications -sans forcément être convaincu- du principal intéressé. A propos de la dissolution déjà citée, des scandales des emplois fictifs de la mairie de Paris, de sa prétendue vie parallèle avec compte à l’appui au Japon, immobiliers en Creuse, ou de la cassette mystère finançant le RPR de l’époque, ou le reproche fréquent quant à sa prétendue inactivité durant ses deux septennat et quinquennat.

Or Chirac n’en omet aucun. Mais ne reconnaît jamais jamais une quelconque culpabilité : les emplois fictifs ou la cassette ? Les conséquences inévitables d’un système de non droit de l’époque suite aux présidentielles de 1965. Système qu’il prétend d’ailleurs avoir grandement contribué à cadrer (alors qu’en l’occurrence, c’est plutôt Rocard et les socialistes). Le compte au Japon ? Balayé d’un revers de main (et sur ce coup, on a plutôt tendance à le croire). Enfin sa relative stérilité présidentielle ? Il la dément tout le long du présent ouvrage.

Et c’est justement là où le bât blesse le plus dans ses mémoires. En effet, on est moyennement convaincu par toutes les actions auxquelles ils s’arrogent la paternité. Et le bilan positif qu’il martèle en conclusion (maintien du leadership de la France dans le monde, baisse de l’endettement public, maîtrise du chômage -notamment des jeunes-, pérennisation de notre système social, etc) convainc difficilement.

Au vrai, reste de Chirac sa vraie passion et son énergie pour prêcher et servir le multiculturalisme et l’amitié entre les peuples dans le respect des spécificités de chacun. Et sans doute cette dimension nous manque-t-elle chez un Sarkozy si ignorant des peuples (à commencer par nos voisins allemands) quand on lit de son prédécesseur : (discours à l’ouverture du Musée du Quai Branly) “Au coeur de notre démarche, il y a le refus de l’ethno-centrisme, de cette prétention déraisonnable et inacceptable de l’Occident à porter, en lui seul, le destin de l’humanité…”.

mai 1st, 2011

Deux anciens Premiers Ministres, qui ont travaillé ensemble bien que de bords politiques différents, peuvent-ils nous redonner confiance en la politique ?

Poster par cyrilaimelapolitique in Bouquins politiques

La politique telle qu’elle meurt de ne pas être - un débat conduit par Bernard Guetta entre Alain Juppé et Michel Rocard - JC Lattès - 2011

Inutile de présenter les deux protagonistes que le journaliste de Libération fait discuter et débattre :

d’un côté Alain Juppé, “le meilleur d’entre nous” selon Chirac. “Amstrad”, son surnom dans les années quatre vingt par ses collaborateurs bluffés par sa vélocité intellectuelle. Seul défaut majeur : sans doute, croire que le fond, la matière se suffisent à eux-seuls et que la communication est subalterne… D’où ses déboires en 1995.

de l’autre Michel Rocard, le Poulidor de Mitterrand, celui qui semble le plus féru d’économie à gauche. Une économie systémique et internationale, et non pas “bling-bling” et financière comme Strauss-Kahn. Celui qui semble avoir l’un des plus réseaux intellectuels à travers le monde. Qui a toujours tutoyé Chirac tout en restant de l’autre bord… Celui qui s’est vu détrôné en 1991 par Edith Cresson ; ce qui doit être une remise en cause terrible.

Or nous pouvions attendre beaucoup de ce bouquin.

Déjà bien vendu : partout sur les radios, les chroniqueurs louaient la qualité du fond, la brillance des deux interlocuteurs et leur faculté à discuter & échanger. Et nous savions qu’ils avaient déjà prouvé leur faculté à travailler ensemble sur des dossiers d’intérêt national, puisqu’un an auparavant, Sarkozy avait réussi à les rejoindre dans la Commission préconisant les investissements et les motivations du dernier Grand Emprunt National.

Disons-le tout net : le livre est à la hauteur des attentes et je ne peux que le conseiller vivement. En plus, ce qui ne gâte rien, le journaliste Bernard Guetta joue parfaitement son rôle, tentant de repousser chacun dans ses retranchements, relançant bien les questions à creuser, et restant objectif sans cacher son penchant évident pour un Rocard qu’il connaît mieux et dont les idées & le bord politique sont plus proches de lui.

Rassurant de les voir à la fois d’accord sur certains sujets : l’immigration nécessaire, la révision absolue de l’imposition (notamment la limitation/suppression de l’impôt sur les grandes fortunes, ou l’augmentation de la TVA) ou l’Europe.

Rassurant de constater également leur fond intellectuel respectif, à la fois commun pour abonder sur les sujets, et distincts de part leur génération, leur foirmation politique, et leur background universitaire différents.

Enfin de parfaitement comprendre que, s’il existe effectivement l’équivalent d’une feuille de papier cigarette de différence entre chacune de leurs points de vue, ces différences / ce clivage politique existent réellement entre Droite modérée (et moins binaire qu’il n’y paraît) et Gauche (pas si doctrinaire et emprunte d’économie).

Néanmoins, après lecture et en prenant un peu de recul, on peut aussi ressortir pessimiste de cette lecture en égrainant quelques vérités désolantes :

1. l’échec relatif de chacun de ces ex Premiers Ministres : l’un nommé par Mitterrand pour justement aller à sa perte et n’ayant pas réussi de grandes réformes. A l’image de la CSG ou du RMI. L’autre n’ayant pas réussi à cconvaincre en 1995, en voulant s’attaquer de front à tous (sans doute trop à la fois) les grands maux de la société française : réforme des retraites, fiscalité, emplois publics, etc.

2. l’impossibilité récurrente à faire accepter à la vox populi et politic certains thèmes forts sur lesquels ces deux “cerveaux” politiques tombent vite d’accord, à l’exception de quelques modalités ou modes opératoires : réforme de la fiscalité, nécessité pour la Gauche de reconnaître l’économie de marché -régulée- ou la poursuite de flux migratoires.

3.  la nécessité -démontrée brillamment par chacun de ces deux politiques- d’un minimum de bagage intellectuel et cosmopolite pour comprendre le monde, sa systémique et le réformer efficacement et durablement. Tout au contraire, préférons-nous actuellement -Sarkozy en étant le summum- des “grandes gueules” (Sarko donc, Mélenchon, Marine et consorts) qui démontrent moins leur vernis intellectuel. Sans parler des vacuités à la Zadig et Voltaire…

Mais trêve de pessimisme : lisez cet ouvrage. Au moins serez-vous plus armé sur certaines problématiques que vous comprendrez mieux (personnellement, par exemple, en quoi l’ISF doit être réformé voire supprimé ?).Un must.

février 12th, 2011

A vouloir se justifier, convaincre & revoir son argumentation, Pierre Péan en perd le fil quand il revient sur les conflits des grands lacs africains

Poster par cyrilaimelapolitique in Bouquins politiques

Carnages, les Guerres secrètes des grandes puissances en Afrique - Pierre Péan - Fayard Novembre 2010

(en rebondissant sur “Noires fureurs, Blancs menteurs” publié aux Mille et Une Nuits en 2005)

Pas facile d’être objectif quand on apprécie l’auteur, Pierre Péan. Un des rares journalistes (ou auteurs, je ne sais pas comment il faut l’appeler) d’investigation. Et quand on aime le genre : les biographies qui dérangent ou celles qui (ré)équilibrent un concert ambiant.

Ainsi déterre-t-il la jeunesse et la francisque de Mitterrand, s’attaque-t-il au tout puissant de TF1 de l’époque, mais également est-il capable, lui de gauche (modéré), de faire une bio. moins revancharde qu’un F.O.G. sur Chirac.

Néanmoins, dans cet ouvrage sur la Françafrique, sur la mainmise des US, d’Israël ou de la Chine dans cette région englobant le Rwanda, le Congo, l’Ouganda….ou le Soudan : il se plante.

En effet, voulant montrer à quel point la vérité est déguisée pour faire des Tutsis et de Kagame en particulier les seuls héros victimaires, la vision caricaturale du régime musulman soudanais contre les gentils résistants du Darfour noirs et animistes, il y met trop affect. Voire peut paraître insister, charger ses cibles (les leaders rwandais, ougandais, une taupe de la CIA présete sur place depuis des années, ou un Kouchner atlantiste) de la même manière qu’il critique lui-même à son encontre. Car il n’a pas supporté d’être accusé de soutien aux génocidaires voire d’antisémitisme, quand il a démontré sa vérité sur les évènements de 1994 puis son extension au Kivu au Congo.Et du coup il en perd sa clarté, la construction habituelle de ses démonstrations.

Résultat, quand on aime comme moi ses bio, on reste satisfait d’avoir lu l’ouvrage. Car j’ai appris des choses, surtout n’ayant pas lu les précédents relatifs à la même région.

Mais sans doute ne serais-je pas aussi indulgent si celui-ci n’avait pas été ma première. Et au moins une centaine de pages sont de trop si Péan avait su ne pas vouloir utiliser toutes ces infos trouvées, construire son propos selon une trame chronologique ou régionale plus claire pour le béotien, et noircir moins de lignes pour justifier de son sionisme ou de son ouverture très jeune à l’Afrique.

février 3rd, 2011

Imagine-t-on les Freres Duhamel se mettre a table ?

Poster par cyrilaimelapolitique in Bouquins politiques

Alain Duhamel, Patrice Duhamel, Entretiens avec Renaud Revel “Cartes sur table” - Plon 2010

Autant le dire tout de suite : ce n’est pas un bon livre.

L’exercice des livres entretiens -ici à trois personnes entre les deux frères et l’interviewer- donne le pire comme le meilleur selon le fond et la construction des échanges.

Là le cadre est brouillon. Cela tourne toujours autour des mêmes sujets :

un Patrice Duhamel qui n’a toujours pas digéré les rapports du duo qu’il formait avec son “patron” de Carolis, et le Président Sarkozy omniprésent. Pas non plus la suite légal avec ce même président qui s’est -malhabilement- octroyé le droit de nommer les patrons de chaînes. Et toujours reconnait-il qu’il s’est à l’époque trop acoquiné / trop laissé séduire par Giscard d’Estaing…pour en payer le prix ensuite lors de la purge socialiste de l’audiovisuel en 1981.

Quant à l’aîné Alain, il reste -même s’il essaie de ne pas donner cette image, même travers que Michelle Cotta dans ses Mémoires- très policé. Et toujours critique-t-il lui aussi les jours de chasse aux sorcières qui ont suivi l’élection de François Mitterrand.

Au final, quand on aime la politique et les cancans d’alcove, cela reste intéressant de lire ces deux mammouths de l’audiovisuel depuis 30 voire 40 ans. Et puis, il est intéressant de se faire confirmer que Daniela Lumbroso ou Patrick Sabatier sont revenus à l’antenne ardemment poussés par le Présiomniprésent Sarkozy. Mais aussi -et là en pure perte- a-t-il fortement insisté pour caser sur le petit écran un David Hallyday.

Pas un must

novembre 25th, 2010

ce que Barack Obama a dit et promis pour en arriver là…

Poster par cyrilaimelapolitique in Bouquins politiques

200px-official_portrait_of_barack_obama.jpgBarack Obama, la Promesse de l’Amérique (”Ses plus grands discours”) - Buchet Chastel 2009Bon, il peut sembler complètement décalé de parler de ses discours de campagne en novembre 2010.Parce que cela fait deux ans qu’il a été élu.Parce que depuis, les récentes élections de mi-mandat l’ont plutôt malmené, lui qu’on accuse d’être trop intellectuel, trop peu agissant.Mais justement il n’est pas trop tard pour bien faire et se (re)mettre à niveau sur ce personnage sur lequel tant a déjà été dit.Il est vrai que ses discours sont extraordinaires. Sur la forme, comme bien d’autres, mais aussi sur le fond. Tant il arrive à se mettre dans la poche, certes les minorités de toutes sortes, mais aussi les plus conservateurs. En parlant des glorieux vétérans, en ne remettant pas en cause les mérites de McCain -pour mieux démonter par ailleurs son suivismes bushien-, ou en pronant la cause des ouvriers désindustrialisés.Et quel sens de la formule quand il critique les Républicains qui demande de se retrousser les manches à des gens qui n’ont plus les moyens de porter des chemises…Ensuite, il est vrai qu’au plus il promettait dans ses beaux discours universels à travers les Etats-Unis ou à Berlin, au plus il risquait de décevoir. Ce qui a été le cas. D’un autre côté, si cela n’avait pas été Obama aux manettes, qu’en aurait-il été de l’état des US et de son peuple devant de tels obstacles à franchir : renforcement de sa présence en Afghanistan, désengagement en Irak, réindustrialisation des bassins sinistrés, crises financières et immobilières, déficit abyssal, mise en place d’un programme HealthCare plus ambitieux, renforcement du système scolaire, etc.

août 8th, 2010

Un Canard Enchaîné, finalement opaque et partisan depuis toutes ces années ?

Poster par cyrilaimelapolitique in Bouquins politiques

Le vrai Canard - Karl Laske et Laurent Valdiguié - Stock 2008

Voici une biographie non autorisée. Et peu aidée par les gens de l’intérieur.

D’ailleurs, si l’on en croit les deux auteurs, le Canard aime choisir ses investigations, plutôt à droite ; il aime la dérision et les bons mots, de préférence contre de figures de droite. Mais pas à son encontre.

C’est vrai que lecteur occasionnel du Canard Enchaîné, je sais peu de choses de ce journal : sa vraie ligne éditoriale, s’il y en a une. Ou son board, sa capitalisation.

C’est tout le sujet de la bio. Et l’on comprend qu’elle n’ait pas été autorisée. La critique de fond du duo d’auteurs à l’encontre du Canard Enchaîné réside en trois points :

1. perte de sa “plume”, de sa subjectivité au fil des années :

le meilleur exemple semblant être la Culture. D’un vrai ton il y a quelques dizaines années (en témoigne P.Tesson alors chroniqueur), on est arrivé à des résumés des livres et films à succès, voire à une tribune élogieuse pour les ouvrages écrits …par des membres de la rédaction du Canard.

2. penchant très très à gauche, depuis la Mitterrandie :

autant le Canard Enchaîné a bien investigué et chargé l’ère Giscard. Cette bio sous-entendant même que le Canard a coulé la candidature de Chaban avec sa déclaration clémente d’impôts, ou le septennat de G.d’Estaing avec les diamants de Bokassa. Autant le Canard, objectivement partisan de l’élection de Mitterrand, a ensuite fait preuve d’un incroyable aveuglement sur nombre d’affaires afin de ménager les différents gouvernements du Roi Soleil de Jarnac : Irlandais de Vincennes, RainBow Warrior, prêt gracieux de Pelat à Bérégovoy..

3. Opacité de la capitalisation et de la gouvernance :

Si le Canard conserve une image quasi libertaire voire d’auto-gestion par une équipe de rédacteurs qui n’est pas tributaire de la publicité et des lobbys pour vivre et remplir sa pagination, la réalité en serait tout autre.

Les nombreuses lignes consacrées à la nature très singulière de l’actionnariat du Canard Enchaîné nous montre, bien au contraire, un empire de la cooptation et de l’oligarchie. Empire à l’intérieur duquel quelques uns détiennent le pouvoir. Jusqu’à faire partir les brebis galeuses sans juste retour quant à leur apport au Canard durant leurs années de bons et loyaux services.

Au final, une biographie objectivement très à charge. Pas toujours bien écrite et bien construite. Mais salutaire sur une quasi-institution comme le Canard Enchaîné, bien loin de son image de pourfendeur libertaire de TOUS les pouvoirs en place.

Pas sûr que cela me donne personnellement envie de lire aussi souvent le Canard Enchaîné…

avril 19th, 2010

Les gens ont-ils oublié une Femme d’exception, Françoise Giroud ?

Poster par cyrilaimelapolitique in Bouquins politiques

Françoise Giroud, une ambition française - Christine Ockrent - Fayard 2003Bon, il ne s’agit pas d’être dupe : Christine Ockrent n’est pas Pierre Péan. De par son profil policé et éminemment politique, sans parler de sa “filliation” marquée avec l’objet de la biographie (Ockrent a oeuvré à l’Express, donc en connexion avec Françoise Giroud sans être pour autant ses “filles” à l’image de Michelle Cotta ou Catherine Nay, ses aînées). Je savais donc en attendant l’ouvrage que ce ne serait pas une bio à charge, voire un peu complaisante.Néanmoins, même si les plus jeunes ont sans doute tendance à oublier ce personnage notable : la découvrir est passionnant.Certainement pas féministe car trop personnelle pour défendre une cause communautaire en groupe, elle est pour autant UNE femme représentative à l’extrême des Femmes modernes.Aimant les hommes, et surtout se faire aimer. A priori meilleure journaliste qu’écrivain. Ses livres gardant ce style journalistique efficace et rythmé, ainsi que le fond réaliste des narrations.Multiformes allant de l’Express au Nouvel Obs en passant par Elle. Jusqu’à Ministre de la Condition Féminine et de la Culture, même si elle sera moins efficace que, respectivement, les moins célèbres Monique Pelletier puis ….Jack Lang.Au final, conforme à son image “américaine”, cette bio de Christine Ockrent est certes “lisse” -on découvre entre les lignes les rares critiques- mais efficace. Et son personnage vaut vraiment le coup. Avec ses bassesses et son égocentrisme. Mais quelle vie.Tout est dit quand Ockrent écrit “Son grand oeuvre, ce fut sa vie”.

décembre 27th, 2009

l’autobiographie, volet 1, de Jacques Chirac : qui lira son achat et sera content ou déçu ?

Poster par cyrilaimelapolitique in Bouquins politiques

Chaque pas doit être un but, Mémoires - Jacques Chirac - NiL éditions octobre 2009

Cette fois, ça y est : Jacques Chirac, notre ex Président, plus populaire que l’ex Giscard d’Estaing & jamais aussi populaire que depuis qu’il n’est plus aux affaires : squatte chez les Hariri, s’occupe de sa fondation et … édite ses mémoires. Enfin ce qui est déjà annoncé comme le premier tome de celles-ci. En effet, ce premier volet s’arrête en 1995 quand il atteint son but ultime, après deux échecs : l’élection à la Présidence de la République, confortablement contre Jospin.

Succès, forcément, de l’ouvrage dans les medias. Lesquels en ressortent l’essentiel avant même que nous ayons l’occasion d’en parcourir les lignes :

son dépucelage dans un bordel d’Afrique du Nord,

sa fameuse rencontre de 1981 orchestrée par Edith Cresson avec Mitterrand, prétendument pour sceller le sort de Giscard par une alliance RPR/Union de la Gauche contre nature,

ou la véritable maladie de sa fille aînée.

Pour la faire courte, après avoir lu ses quatre cent trente huit pages (sans avoir poursuivi par les annexes), cet exercice de dévoilement de lui-même par Chirac est une vraie déception. A la rigueur “gentil”. Surtout envers lui-même.

Quand on a lu, comme votre serviteur, deux  biographies (l’une à charge, celle de Frantz O.Giesberg. L’autre plus équilibrée, bien qu’écrite par un journaliste d’investigation de gauche, Pierre Péan) : on reste doublement sur sa faim. Car Chirac ne joue pas complètement le jeu.

Tout d’abord, globalement, il reste très indulgent envers lui-même et ne se montre pas très capable d’autocritique. C’est ainsi que son discours antieuropéen de Cochin en 1976 n’est analysé que sous l’angle de la maladie : diminué des suites de son accident de voiture récent, il se serait laissé mené en bateau par le duo d’enfer Juillet/Garaud, sans avoir recouvré tous son esprit critique et d’indépendance. Et c’est tout juste si on le croit davantage sur son dérapage des années quatre vingt dix relatif aux voisins immigrés sur le palier, sans parler de l’odeur nauséabonde la leur cuisine.

Ensuite, par pudeur ou par volonté de ne pas trop ternir son blason, on ne retrouve pas toute la transparence qu’une autobiographie exigerait. Même subjective. Sur ses rapports compliqués voire conflictuels avec “certains” amis politiques, par exemple. Rien sur un Chaban-Delmas qu’il a contribué largement à “couler” pour les échéances présidentielles. Rien de véritablement intéressant sur ses rapports “je t’aime moi non plus” avec un Pasqua devenu très très gênant sur la fin (jusqu’à nous faire croire qu’il avait à peine suivi l’oeuvre de l’homme de main Marchiani, en 1986, pour libérer les otages du Liban).

Enfin, rien de très personnel sur ses amitiés plus transversales en politique : son attirance pour les Communistes en début de vie, jusqu’à l’anecdote de la signature de l’appel de Stockolm / celle avec Rocard / ses proches à droite que sont les Mazaud, Juppé ou Debré.

Au vrai, un livre “gentil” qui ne vous apportera pas grand chose de plus pour comprendre les affres de tels destins politiques. Si vous n’avez jamais rien lu sur Chirac, à la rigueur prenez ce livre. De surcroît pas forcément toujours bien écrit : dans le rythme notamment, avec des longueurs quand il s’agit d’expliquer des convictions politiques qu’on sent finalement assez légères (et c’est bien toute la limite et l’intérêt du personnage). Tout juste vérifierez-vous son attirance pour Mitterrand (pas très bien racontée car on sent en même temps qu’il cherche à se défendre d’une trop grande séduction du retors de Jarnac), sa haine envers Giscard et sa rancune tenace envers Balladur.

S’il est encore temps, lisez plutôt la biographie de Péan sur Chirac beaucoup plus dense en anecdotes, et mieux écrite. Et fuyez celle de F.O.G. uniquement à charge et crachant trop dans la soupe médiatique dont il s’est repu durant des années, voulant nous démontrer avec force suffisance à quel point, lui, était au fait des secrets de salon du Tout-Paris contrairement à ses plébéiens de lecteurs.

Anciens sujets »





Devenez fan de mon Blog :


Créer un Blog | Nom Domaine | Créer Forum | publicité | Tags | Signaler Abus
culture | actualités | politique | bebe | finance | justice | ecologie | sport | job
net | grossesse | jeux | droit | voyage | design | livre | internet | grippe | photos